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bucarest google map« Septembre 2008. Après plusieurs mois de «bataillage» je vais enfin partir bosser à l’étranger, mais pas n’importe où: En Roumanie!

Pourquoi ce choix? Parce que mon niveau d’anglais a très vite montré ses limites lors de mon entretien téléphonique avec une société basée en Angleterre (le poste avait vraiment l’air bien.. dommage..) mais surtout un ancien collègue avait tenté l’expérience dans les Carpates et il m’avait paru très enthousiaste à l’issu de son séjour de plusieurs mois.

Le voyage commence par une grève: le pilote de l’avion nous fait attendre une heure pour finalement nous apprendre qu’on attendait des plateaux repas qui n’arriveront pas… Et me voilà arrivé à l’aéroport Henri Coandă de Bucarest.

Le climat est encore clément (on est fin Septembre). Je passe les contrôles de douane car même si on est en Europe, Schengen n’est pas encore passé par ici, et j’arrive dans le hall de l’aéroport. Là, après m’être faufilé au milieu des taxis qui racolent parfois lourdement (normal, avec ma grosse valise et mon air paumé j’ai la tête du parfait pigeon), je finis par retrouver mon nouveau responsable qui devait me récupérer sur place.

On monte dans la Logan et direction les bureaux pour rencontrer ma nouvelle équipe. Sur le trajet, je commence à prendre conscience que ça y est, j’y suis… La pagaille dans les files de voiture, visiblement le code de la route ressemble plus à une vague notion où la raison du gros 4×4 est souvent la meilleure…

Les câbles accrochés aux poteaux téléphoniques de manière improbable avec des spires à n’en plus finir. Des bâtiments en plein travaux, mais qui se sont arrêtés nets, fautes de financementDes chiens errants qui vagabondent, parfois en meute, et qui donnent pas envie de le croiser à pied. Je rencontre enfin ma nouvelle équipe, pas forcément à l’aise au début, mais finalement ça se passera très bien, les gens sont plutôt très accueillants.

La journée arrive à son terme, et un collègue se propose de me ramener dans mon nouveau chez moi, que je ne connais pas encore. J’ai juste discuté avec mon nouveau coloc par téléphone, c’était là où vivait mon ancien collègue, dans un appartement un peu à l’Est du centre ville. Je descends de la voiture au pied de l’immeuble. Je repense à ce que j’ai pu lire sur Bucarest que l’on appelait au début du siècle dernier «le petit Paris», maintenant ça serait plutôt «le gros Trappes» avec des façades au style inimitable et des balcons fait de matériaux de récupération pour certains et de double vitrage pour d’autres…

Visiblement il n’y a pas du tout de règlementation sur l’urbanisme. Je passe à côté du chien qui squatte en bas, rentre dans le hall de l’immeuble qui sent bon la « grande » époque communiste avec un simili marbre du plus « bel effet » et une odeur qui me fait dire que le local poubelle n’est pas loin…

Je monte dans l’ascenseur, et là, surprise, je perds d’un coup 5 centimètres sous mes pieds ! Non ce n’est pas l’ascenseur qui s’effondre, c’est juste le capteur de présence mais c’est très surprenant la première fois. J’appuie sur le bouton de mon étage qui doit être contemporain à ceux qui ont pu servir pour Soyouz, et une fois à l’étage souhaité, les portes s’ouvrent et je tombe nez à nez avec une table calé à l’arrache recouverte d’une toile cirée sur laquelle repose des pots de géranium plus vraiment de première fraîcheur…

Dans ma tête, c’est trop.. Je me dis que je vais chercher dès le lendemain un nouvel appart. Et là, je passe la porte et je rentre dans l’appartement. Quelle surprise ! Sous leurs airs complètement défraîchis, ces immeubles peuvent cacher des appartements tout à fait charmants avec de la place que je n’avais jamais encore connue (région parisienne oblige) et un confort plus qu’honorable. Finalement j’y suis resté 2 ans avant de déménager quand mon colloc est parti.

La Roumanie est vraiment un beau pays à découvrir. Bucarest n’est de toute évidence pas la plus belle capitale Européenne mais elle est très dynamique et la vie nocturne avec ses clubs, ses concerts, ses taxis présents en nombre font de chaque week-end une vrai fête. Et le reste du pays n’est pas en reste avec de nombreux très jolies paysages qui ont su rester sauvage et préserver leur beauté originelle.

Quant à la vie de tous les jours, on sent bien que l’on est dans un vrai pays latin avec tous ses avantages et ses inconvénients, mais c’est ça aussi qui fait son charme 😉

Maintenant que je suis rentré je repense parfois avec nostalgie à tous ces bons souvenirs et quand j’y retourne (car j’ai gardé de très fortes attaches:-)) je constate souvent que le pays continue à évoluer mais ne perd pas son âme ».

Nico, Ingénieur